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photographie contemporaine Jean-Claude Bélégou ZONES 2000/2002 exposition créée en 2003 |
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C'est sur le port du Havre, que désertant parfois le lycée, Jean-Claude Bélégou a fait dans les années 70 une grande partie de son apprentissage photographique.
Il y a consacré par la suite un nombre important de prises de vues dans les années 80 (jachères et variations en 1980-82), mais cette fois, reprenant le travail en couleurs en 2000, ce ne sont plus des lieux à l'abandon.
Il réinvestit ce lieu non pas dans une approche documentaire ou objective encore moins sciale mais mentale et subjective puisqu'il s'agit de jalonner de nouveau ces lieux de son enfance, devenus déserts et fermés, à la recherche d'une monumentalité immobile.
Zones a été créé à la Maison de l'art de Sallaumines, puis montré à Rouen à la Galerie photo du Pôle Image et à la Galerie Pierre Brullé.
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- Ce travail consacré au paysage industriel peut paraître surprenant dans ton parcours artistique, tu es surtout connu comme un photographe du corps ? - Travail sur le corps, autoportraits (Visages, Erres, la Gloire du Monde), paysages (Lieux en 1980, le Territoire, la Mer en 1991, Erres/Vers le Grand Nord en 1992, et plus récemment les Paradis perdus) paysages industriels… aucun des genres traditionnels ne m’est étranger (si ce n’est le reportage, parce que je suis un photographe de la construction et non de la prise sur le vif) . Je ne pense pas en général que le travail d’un artiste se définisse par tel ou tel genre mais par l’univers que l’on peut retrouver de lui quelque soient les images qu’il fasse. J’ai un certain plaisir à parcourir cette diversité des genres. Je crois de plus en plus que je pourrais photographier n’importe quoi. Ou peut-être finalement je ne photographie que la lumière. - S’agit-il de photographie documentaire ? - Je ne cherche ni le descriptif, ni l’anecdotique, ni la couleur locale, ni le mouvement ! Je n’ai aucune prétention, ni sociale, ni documentaire, seulement comme dans l’ensemble de mon travail une prétention à parler de cette tragédie qu’est l’homme. On n’échappe jamais à la subjectivité. L’objectivité est un leurre, le leurre par excellence de la photographie. Il s’agit d’images mentales, d’un état mental : le vide. Si « l’évidence du corps » est l’image du plein (du bonheur ?) « zones » est l’image du vide, pas de l’inhumain ni même du non-humain, mais du vide que tout humain porte en lui. Celui qui attirait et effrayait tant Pascal. S’il n’y a personne sur ces photographies, c’est évidemment parce que si quelque’un passe dans le champ… j’attends qu’il soit passé… Mais il n’y a aucune difficulté pour cela, il est exceptionnel que quelque’un passe, ou alors des vigiles, ce sont des lieux inhabités, pilotés de loin dans des salles de contrôles, télé surveillés. C’est la nature même du travail qui a changé. Il y a seulement quarante ans c’étaient des lieux où abondait la main-d’oeuvre manutentionnaire, extrêmement peuplés, extrêmement vivants. Aujourd’hui ce sont des lieux déserts. Et pourtant ils n’en sont pas moins vivants. Il ne faudrait pas croire qu’il ne s’y passe rien. Les marchandises circulent plus que jamais. C’est la circulation des marchandises qui est devenue invisible. |
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| Tirages jet d'encre pigmentaire 102 * 102 cm réalisés par l'atelier Franck Bordas d'après originaux argentiques numérisés | |||||||||